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L’Edito

Sens cachés, cens caché

lundi 14 juin 2010

Ce n’est un secret pour personne, la dette de la France atteint des niveaux inédits suscitant l’inquiétude. Depuis 2007, sous l’effet conjugué des cadeaux fiscaux, de la crise et des plans de soutien aux banques, elle est passée de moins de 64% à 84% du PIB.

Face à ce péril et afin de préparer le pays à une cure d’austérité, le Président de la République a décidé de réunir une « conférence sur les déficits », au sortirde laquelle il a annoncé sa volonté d’inscrire dans la Constitution l’obligation pour chaque gouvernement de fixer un objectif de déficit public pour la législature ! La norme suprême se voit ainsi redéfinie en texte « fourre-tout », exutoire de l’impuissance gouvernementale face à l’explosion de la dette de notre pays.

Cette redéfinition n’est pas la première, elle est même à la base de la stratégie de communication présidentielle qui s’attaque à la réécriture du dictionnaire. Ne revenons pas sur la redéfinition des mots « rupture » ou « ouverture », qui ont vu leur signification sensiblement évoluer depuis 2007, mais attardons-nous sur les récentes trouvailles lexicales élyséennes les plus emblématiques.

L’acception que nous connaissions jusqu’alors du mot réforme était celle d’un changement apporté à une politique ou une institution en vue de l’améliorer. Or le sarkozysme triomphant porte en étendard ce terme, mais en a modifié le sens. A travers la réforme de l’hôpital (loi HSPT), celle de la carte judiciaire, des retraites, ou celle des collectivités, une nouvelle définition du mot affleure : la réforme est donc désormais une politique menée dans le but affiché –mais rarement vérifié– de réaliser des économies, dans une logique purement comptable et recourant, au besoin, à la casse territoriale ou sociale, voire la combinaison des deux.

Le gouvernement a également toiletté la définition du mot : concertation. Pour vous et moi la concertation c’est l’écoute et la prise de décision partagée entre différents groupes. Le gouvernement lui en forge un autre sens, où importent seulement la vue, l’affichage en direction des medias.

Nous avons particulièrement vu cette définition à l’oeuvre avec le projet de réforme des retraites, où le simulacre de concertation n’avait pour but que de faire accepter le projet gouvernemental. Nous pourrions poursuivre ce glossaire, où le mot de volontarisme devient synonyme de gesticulation, et où le sens des mots ouverture, rupture a également été maltraité.

Pour ne pas être en reste, le PS serait-il en train de se convertir à cette mode ? En effet, pour nous, Radicaux, les primaires sont un mode de désignation ouvert d’un candidat unique de la gauche, et au-delà, un moyen d’élaborer une plateforme programmatique commune, de forger ensemble un contrat de gouvernement à soumettre en 2012 aux Français.

Or, les dernières décisions des instances socialistes nous font craindre que ces primaires ne se résument qu’à une validation du candidat choisi par un appareil partisan, une parodie de compétition, un arrangement de couloir entre éléphants.

Ces primaires ainsi altérées ne correspondent en rien à la démarche promue par les Radicaux. La question de notre maintien dans ce processus se pose, elle sera à l’ordre du jour de notre prochain Comité Directeur, le 30 juin. Plus largement, c’est notre stratégie pour la séquence électorale de 2011-2012 qui doit être débattue, elle le sera lors de notre Université d’été à Seignosse.

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