L’amour à l’heure des applications de dating pour les trentenaires

La génération qui est né dans les années 80 – 90 semble connaître une vraie difficulté à comprendre ce qu’est l’Amour, le Vrai, et à tisser des relations amoureuses durables. La quête du plan cul couplée à celle du partenaire parfait fait des ravages, dans cette époque où tout semble possible grâce à Tinder, ou aux nombreux sites et applications de rencontres qui ponctuent notre quotidien. Peut-on encore s’aimer en 2020 ?

amour 2020

Chercher le meilleur partenaire

Les trentenaires d’aujourd’hui semblent passionner les chercheurs, les cinéastes et les écrivains, qui voient en eux un sujet d’étude particulièrement intéressant. Ces jeunes (et moins jeunes) semblent prisonniers d’une situation nouvelle, ou la recherche de l’amour est permanente et au cours de laquelle enchaîner les rencontres ou les plans culs semblent la norme.

Passer plusieurs heures par semaine à faire défiler des profils sur des applications de rencontres fameuses parait bien plus logique que de draguer dans un bar, de manière traditionnelle, ou du moins à l’ancienne.

Comme il l’explique à Madame LeFigaro à propos de son dernier film Deux Moi – qui met en scène 2 trentenaires paumés dans leur vie amoureuse – Cédric Klapisch a voulu comprendre si l’amour au temps des réseaux sociaux était aussi facile qu’il en avait l’air.

Bien sûr, la réponse est non, mais ce n’est pas tant la facilité de trouver des partenaires qui est remise en cause, mais bien les envies et les attentes des célibataires de cette génération qui semblent éloignées de celles de leurs aïeux. Comment trouver l’amour quand on ne sait pas ce que c’est ?

amour via tinder

Une quête infinie ou tout semble possible

Depuis quelques années, les français plébiscitent la rencontre en ligne, qui paraît leur offrir un océan de possibilité amoureuse. Il n’est pas compliqué d’enchaîner les rencontres, les rendez-vous autour d’un café, voire les parties de jambes en l’air. Hélas, cela ne mène bien souvent à rien de concret !

Quel est le problème ? Le choix ! L’étendue de possibilités qui s’offrent à eux pousse ces jeunes à se dire, en permanence, qu’il pourrait y avoir mieux ailleurs. Certains ne parviennent même pas à profiter d’un rendez-vous, puisqu’ils ont déjà en tête leur prochain date, quand d’autres ne se présentent même pas. C’est ce que relate Judith Duportail, dans son livre L’amour sous algorithme, au sein duquel elle explique notamment cette impression de n’être qu’un second choix, une alternative faute de mieux qui sera abandonnée quand une autre se présentera.

Le mieux peut être physique (bien souvent), bien qu’il s’agisse parfois d’une personne un peu plus proche des attentes psychologiques initiales. Dans tous les cas, le souci est le même : le célibataire cherche la perfection et on le sait, elle n’est pas de ce monde.

Cette envie de trouver le partenaire parfait ne vient pas de nulle part, pour une génération bercée aux séries et aux comédies romantiques, qui a vu ses héros favoris s’embarquer dans des histoires amoureuses compliquées, mais belles et romantiques, avec des hommes et des femmes magnifiques. Cela peut paraître cliché, mais comment se défaire de ces éléments avec lesquels on a grandi, surtout quand internet et les nouvelles technologies permettent de prétendre, théoriquement, à ce type d’histoire.

Le souci, c’est qu’il en résulte une vraie modification de la perception amoureuse et une difficulté à assumer ou à dévoiler ses sentiments.

comédie romantique trentennaires

Ne plus assumer l’émotion

En discutant avec des trentenaires des grandes villes, comme Paris, Lyon ou Marseille, on ne s’étonne plus du grand nombre de célibataires parmi eux, qui assument sans mal leur plan coquin à répétition ou les nombreuses conquêtes virtuelles puis réelles, qui animent leur vie. On parle de sexe, autant chez les hommes que chez les femmes, mais l’Amour semble être tabou.

Dire Je t’aime et parler d’émotions sincères est devenu difficile, en tout cas bien plus difficile que de parler du plaisir ressenti avec tel ou tel partenaire, ou du physique de telle ou telle conquête. Et la société semble avoir modelé ce comportement, si on en croît certains spécialistes.

On nous vante un bonheur parfait qui apparaîtrait dans le cadre d’une vie de couple harmonieuse, avec une belle personne, un métier respectable, et que chaque individu doit être en mesure d’atteindre aujourd’hui, car il existe des tonnes de manières de le faire. Faute d’y parvenir, on est dans un constat d’échec et on a cette crainte d’être jugé par autrui.

Cela entraine un comportement de réserve, qui empêche un célibataire de réellement exprimer ses sentiments ou ses émotions, de peur de sembler faible, trop sensible ou hors de ce cadre du bonheur. Pire, la crainte d’être rejeté par l’autre, chez qui on entrevoit un partenaire de qualité, paralyse les hommes et les femmes, qui préfèrent se réfugier dans le sexe ou la fuite.

Dans une époque où les tabou sont grands et qu’il est difficile de partager des opinions qui sortent de celles acceptées par la masse, les trentenaires doivent donc réussir à assumer leurs envies, en faisant fi des conventions sociales actuelles. De là à réinventer le modèle amoureux, pour qu’il leur convienne ?

Trop de liberté et une insatisfaction chronique chez les trentenaires

Avant même de tenter de savoir ce qu’ils cherchent réellement, les célibataires actuelles de 25-35 ans doivent donc comprendre que l’Amour est une émotion personnelle, qui ne doit pas être dictée par Instagram, Tinder ou Adopte un Mec. Si ces méthodes de rencontres peuvent être considérées comme un plus, ou du moins comme un accélérateur (malgré 50 % de mensonges), elles ne sont qu’un moyen de plus pour entrer en contact avec l’autre.

Dès lors, les émotions devront être assumées ! Si on ressent pour l’autre une attirance particulière, s’il nous intrigue ou nous passionne, si on s’imagine le temps d’un instant vivre une belle histoire en sa compagnie, il faut foncer et ne pas se dire oui mais, si je continue à faire défiler les profils, peut-être que….

L’insatisfaction chronique des utilisateurs d’applications de rencontres est la cause d’un trop plein de choix, mais aussi à cette peur d’être considéré comme faible par les autres qui s’amusent, qui font un tas de rencontres, en opposition avec la personne en couple qui, si elle n’affiche pas un bonheur parfait, semble être coincé dans une routine ennuyeuse. Sauf que quand on regarde de plus près, les couples heureux sont stables, et ils n’envient très certainement pas ceux qui doivent liker et attendre les matchs sur leur smartphone pour se sentir aimer.

A chaque époque, les amoureux ont été confrontés à des bouleversements, avec le passage du ménage avec un homme décideur et une femme au foyer, à celui du couple où les tâches étaient plus partagées, et nous sommes peut-être aujourd’hui à une nouvelle étape. Les trentenaires du moment pourraient décider de réapprendre à aimer comme par le passé, ou à l’inverse de mener une quête infinie pour dénicher la personne idéale, afin de matcher avec l’idée de la relation parfaite.

On verra, d’ici quelques années, si la société subit une crise des couples ou si, à l’inverse, les trentenaires ont trouvé les réponses à leurs questionnements actuels.

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